LE SLAM, NOUVEAU TERRITOIRE

Mercredi 21 mars 2007

Dossier Slam Poly

Revue les nouveaux territoires n°1 mars 2007 3

Ce mois-ci, les Nouveaux Territoires,

jamais à court d’idées, prêts à toutes

les aventures, même les moins

risquées, ont plongé la gueule la

première dans la gamelle médiatique,

pour se repaître d’un sujet à la mode : le

slam. Depuis, notre journaliste a le poil

soyeux.

Le slam (to slam = claquer) est né au

Green Mill, un club jazz de Chicago, en

1985. Marc Smith, ouvrier (blanc) du

bâtiment et poète (blanc également), a

initié les premières joutes poétiques sous

le nom de Uptown Poetry Slam (Slam,

poésie des beaux quartiers). Le succès

public a été immédiat, et le mouvement

s’est étendu à l’ensemble des Etat-Unis.

Dès le départ, le slam s’est voulu une

pratique égalitaire, démocratique et

communautaire. Il s’agissait de produire

une poésie libre et vivante, de renforcer la

liberté d’expression, par le biais de

performances oratoires individuelles. La

compétition entre poètes, mise en scène,

devait permettre d’abolir les frontières

entre les genres littéraires, mais aussi

d’exprimer librement des revendications

sociales. Un peu comme la star Academy,

mais en moins bien. Le slam empruntait

alors autant à la poésie d’ Allen Ginsberg,

qu’à la culture afro-américaine des Dirty

Dozens. Les slameurs revendiquaient leur

appartenance à une communauté, la

« slam nation», ou « slam family », qui,

bien qu’ouverte à tous, ne devait en aucun

cas servir les ambitions individuelles. « Le

succès de l’un rejailli sur tous », a averti

Marc Smith dans son ouvrage the

Complete idiot’s guide to slam poetry.

Mouvement social & littéraire

Les médias nord-américains ont un peu

tardé à prendre le train en marche, mais

ont progressivement sorti le slam de

l’underground. Empty V, heu, pardon,

MTV, a ainsi diffusé les spoken wordsunplugged en 1992 et 1994. Mais c’est un

documentaire des journalistes Tony Award

et Paul Devin, qui a secoué le cocotier

médiatique, et fait perdre au slam son

statut de renégat de l’expression poétique.

En 1996 sort Underground Voices, portrait

du slameur Saül Williams. L’Amérique

aime les messies, et ce jeune poète noir

sera le héros du long métrage Slam de

Marc Levin, sorti en 1997, et récompensé

au festival de Cannes l’année suivante

(caméra d’or). Le grand public sort

brusquement de sa torpeur et le slam est

intronisé nouvel art populaire. Le rêve

américain est en marche. Il peut traverser

l’Atlantique et venir agiter le doux

ronronnement de l’exception culturelle

française. Les premières slams session

éclosent à Paris en 1998, avant

d’essaimer un peu partout dans

l’hexagone.

Crise de croissance

En France, la notion de scène ouverte

l’emporte sur celle de compétition, et le

slam est rapidement assimilé à du rap

fréquentable : nouvel outil d’intégration,

improbable passerelle entre la jeunesse

black blanc beur, la génération fantasmé

par les pros de la politiques, et la splendide

tradition littéraire de nos illustres poètes.

Les animateurs socio-culturels se sont

jetés sur le slam comme un chien sur un

os. Les jeunes allaient enfin pouvoir

exprimer leur colère ailleurs que sur

Skyrock ou dans la rue. Les patrons de

bar, traqueurs de bobos noctambules, ont

ouverts grands les portes de leur antre aux

slameurs frais émoulus. Branché, convivial

et bon marché, le slam a tout bon. Il attire

un public hétéroclite : étudiants curieux,

poètes décatis en quête d’un second

souffle, chômeurs, militants, femmes au

foyer, tous et toutes prennent la parole,

redonnant vie à l’art oratoire, ouvrant une

brèche dans le conformisme et le mutisme

des masses. Au fil des mois, sont apparus

les leaders autoproclamés d’une nation

slam à la française, c’est-à-dire parisienne,

jacobine, pas vraiment désintéressée. La

profession de foi du créateur, Marc Smith

(la défense de l’esprit communautaire face

aux ambitions individuelles), a été

allégrement bafouée par quelques

mercenaires venus faire du fric en surfant

sur la vague. Les sessions poétiques et les

quelques compétitions ont été

progressivement investies par des Mc’s en

showcase, des apprentis Bigard (Beurk),

des petits Devos (re-beurk), venus tester

leurs prochains sketches, des minables en

quête de sponsors pour arrondir leurs fins

de mois.

Entre dérive mercantile (Grand Corps

Malade), et errements citoyens, le slam

s’est définitivement acclimaté aux clivages

franco français. Le mouvement sera

sûrement le prochain Eldorado des

directeurs marketing de l’industrie

culturelle, ou celui des chargés de

communication des élus locaux.

par olivier Pilar, texte et photos

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le

slam sans jamais oser le demander

Dossier Slam Poly

4 Revue les nouveaux territoires n°1 mars 2007

« Chéri(e), tu m’emmène à

une soirée slam ? » Pas de

panique, si votre aimé(e)

susurre ces mots à votre

oreille, restez serein(e). Voici

ce qu’il faut savoir pour ne

pas avoir l’air trop idiot(e).

A Lille, Le slam se pratique sous abris,

au creux des bars, à l’ombre des

théâtres de quartier, et des jeunes filles

en fleur. L’association Démodokos, à

l’origine des premières scènes

ouvertes dans la métropole lilloise,

propose depuis 2001 des soirées

spoken word au Zem (1), ou à l’Univers

(2). Le spoken word se distingue du

slam par l’absence de compétition, et

se différencie du bowling par son

ambiance particulièrement

chaleureuse. Chacun peut librement

déclamer, susurrer, scander, et écouter

des textes, sans aucune contrainte de

style. Lorsque arrive le grand soir, le

public, majoritairement étudiant, se

presse sur le trottoir rue d’Anvers.

Quelques rires fusent, on se retrouve là

entre amis. A l’intérieur, les habitués se

rudoient joyeusement l’épaule, sous le

regard inquiets des occasionnels : « j’y

vais, j’y vais pas ? ». C’est le moment

de s’inscrire pour la première session.

La salle est prudemment chauffée,

mollement éclairée. Une chaise et un

micro, baignés de lumière, suffiront au

spectacle. Pas de doute, il se passe, ici,

une chose unique et précieuse. Les

coeurs palpitent, les applaudissement

fusent, et le premier slameur investi la

scène. On écoutera, tour à tour, un

rappeur débiter son flow a cappela, une

jeune femme crier sa colère, un poète

célébrer la nature, miroir de l’âme

(comme disait mon pote Lamartine,

avant l’invention de l’écologie).

L’émotion est palpable, lorsque la

parole touche à l’intime. Les rires

éclatent parfois. Pour beaucoup, venir

sur scène est une victoire, sur soi, ou

sur les autres. Le public trouve ici ce

qu’il apporte, et chacun s’enrichit de la

parole des autres. Cet esprit

communautaire fait la force des scènes

ouvertes de Démodokos. Chacun est

invité à se régaler de mots et de rimes.

Sans parler de la pizza offerte au bar,

qui est fameuse.

Le sourire du patron

Les amateurs d’ambiance lounge ont

également leur rendez-vous : chaque

lundi, le Moonlight café (3) accueille les

slameurs de la métropole, dans une

salle pleine à craquer. Ici, chacun

déclame un texte original, accompagné

par un pianiste. Oui, un vrai pianiste, en

chair et en os, qui tapote avec talent les

touches d’un vrai piano, droit comme i,

noir comme la nuit. Le résultat est

spectaculaire : la chaleur, la musique,

l’alcool, la fumée qui tue (cet article a

été rédigé avant la funeste journée du

1er février 2007, qui vit l’éradication du

tabac, mais pas celle du véhicule 4X4),

et le bagout du maître de cérémonie,

contribuent à faire des soirées du

Moonlight un véritable show. Le public

frétille d’aise à chaque lecture,

expédiée les doigts dans le nez par

quelques habitués de l’exhibition

poétique. Le mouvement a déjà ses

stars, ses réguliers, ivres de mots, que

l’on croise aussi bien au Moonlight

qu’au Zem. Des passionnés qui

finissent par se reconnaître, se

connaître, et qui donnent corps à la

scène lilloise. Du côté des états-majors,

c’est plus délicat. Des liens se tissent

également, mais chacun préfèreoeuvrer

dans son coin, et aucune initiative

commune n’a encore vu le jour. La

scène locale, c’est une histoire de bon

voisinage, sans plus. En attendant

l’union sacrée, le slam attire un public

croissant et s’impose partout où il

passe. Au Moonlight, le patron a le

sourire. Son chiffre d’affaire est assuré.

Tous les cafetiers vont s’y mettre, et

même les politiques. En France, le

prochain tournoi de slam aura lieu en

mai prochain sous le nom d’ « élections

présidentielles ».

Vive la poésie.

(1)Le Zem théâtre, 38 rue d’Anvers à

Lille. http://zemtheatre.free.fr

(2) L’Univers, 16 rue Danton à Lille.

http://lunivers.free.fr

Bien implanté à Lille, le slam fait tâche d’huile

SLAMME MIN P’TIT QUINQUIN

(3)le Moonlight café, 56 rue des stations

à Lille, tous les lundi à 21h30

www.moonlightserenade.fr

A noter :

Le collectif « on a slamé sur la lune »

développe un projet de festival slam

dans la métropole lilloise

(www.onslamesurlalune.com).

A voir :

L’asso Démodokos a réalisé un

documentaire sur la pratique du spoken

word à Lille (« j’irais slamer sur vos

mondes ») www.demodokos.net

CONQUERIR LE LANGAGE

Le spoken word est-il soluble dans la

cité ? une association lilloise, la

Compagnie Générale d’Imaginaire,

propose des ateliers d’expression

poétique dans la région Nord. Objectif

avoué : s’approprier la langue et se

mettre en scène. Objectif implicite :

redonner vie à la parole publique.

« L’écriture est libre, à condition d’être

vivante et rythmique ». Lors de ses

ateliers, la Générale d’Imaginaire

cherche à démocratiser la parole au

sein du public. Le spoken word doit

permettre de découvrir de nouveaux

horizons artistiques et lexicaux.

Chacun est invité à libérer sa plume, à

mettre en scène sa propre expérience,

et à traduire ses sentiments par des

mots. Rien de neuf, donc ? si. En

donnant à tous l’occasion de

s’exprimer, la Générale d’Imaginaire

veut ouvrir les esprits, amener le public

à réfléchir, sur lui même et la société. A

faire naître une conscience politique ?

peut-être. En tout cas à contribuer, par

la poésie orale, au débat démocratique.

A la Générale d’Imaginaire, on regrette

le manque de pluralité au sein de la

scène slam. «La liberté d’expression

est parfois un leurre, certaines

sessions sont très marquées

politiquement». D’où le projet d’étendre

le spoken word à un public plus large,

au sein des écoles, des entreprises,

dans toute la région Nord. Ne pas rester

isolés dans les théâtres de quartier, les

bars, entre gens du même bord, ne pas

céder à la tentation élitiste. Plutôt qu’un

tribunal politique, offrir aux autres une

tribune libre. Ce projet est loin de faire

l’unanimité : les puristes, qui craignent

la dénaturation du mouvement,

dénoncent les risques de récupération

en cas de trop large diffusion. Face aux

critiques, la Générale d’Imaginaire se

veut pragmatique. Elle cherche à mettre

en place des structures durables, plutôt

que de favoriser l’exhibition ponctuelle

des slameurs. Elle déjà collaboré avec

la communauté urbaine de Lille, à

l’occasion d’un forum des jeunes, et

travaille avec Culture Commune, dans

le bassin minier. Modeste et

ambitieuse, la Générale d’Imaginaire

tient le cap.

Revue les nouveaux territoires n°1 mars 2007 5

Vous savez d’où je viens, de la

mairie.

C’est pas croyable !

La dame de la mairie me demande

ma pièce d’identité.

Elle me fait : ah ! Vous êtes

français ?

Oui, je suis français. Ça se voit

pas.

De père en fils, on appelle ça

aussi l’affiliation ou droit du sang.

Enfin, comme vous, comme vous

voulez, quoi !

Mais historiquement français.

De l’antiquité à la Gaulle, de De

Gaulle jusqu’à maintenant.

Qui a dit auparavant (je vous ai

compris !)

Personne ne savait ce qu’il avait

compris.

Tout cela a fait un compromis,

une sorte de promesse, quoi !

Le droit d’être français à part

entière.

A part d’accord ! Mais entier.

SI je suis à part, je ne peux pas

être entièrement comme les

autres.

Je me demande si cette définition

est exacte.

Tenez ! Prenez un gâteau, on dit :

je voudrais une part entière.

Une part entière de quoi ? Du

gâteau.

Donc si on enlève une part du

gâteau,

Il n’est pas entier, donc il n’est

pas vraiment français.

Un peu comme moi ! Enfin,

j’essaye.

Alors le plus drôle, c’est que la

dame de la mairie,

Elle avait un badge sur elle. Avec

son nom écrit dessus.

Et je lui ai dit : votre nom c’est

comment ?

Vandenbroucque ? C’est bien ça ?

Et c’est français ?

La désillusion revient

Chaque fois plus forte

Elle gagne du terrain

Et avance en cohortes

Elle ronge l’épaisse couche de vernis

Dont on avait garni

Ma fragile conscience pendant mon

enfance

Parce que les enfants ne doivent pas

savoir

Parce que leur cacher est un devoir.

La désillusion revient

Elle s’attaque à mes espoirs

Tel un acide sans mémoire

Corrosif fantassin

Elle s’insinue dans les recoins

Elle frappe là où les parois sont

ouvertes

Là où les espérances sont offertes

Prêtes à sortir au grand jour

Et avancer sans détour

J’ai quelque chose à dire :

textes de slam

Je m’appelle J. S.

Mentalement valide et

physiquement débile.

J’ai eu une éducation normale,

Ce qui m’a fait penser que j’étais

banal.

Mes parents m’ont transmis leurs

connaissances

Pour que j’avance dans la vie avec

confiance.

Mais pas de chance, le destin m’a

donné une autre branche.

2003, année critique pour moi tout

a changé.

Attendez que je vous explique et

vous comprendrez.

Tout commence par une

manipulation.

J’étais trop naïf, j’ai foncé comme

un con.

Cela m’a coûté très cher : une

myélite qui m’a terrassé.

Je ne savais plus rien faire ; les

médecins ont tout essayé :

Examens, perfusions, mais pas

d’amélioration.

Maintenant je suis obligé de me

faire à cette nouvelle condition.

Ecoutez ces histoires que l’on m’a

racontées,

en devoir de mémoire, je vais vous

les citer.

Elles s’passent en douce France,

pays d’mon emigrance,

douce France, douce souffrance,

je te garderai en rancoeur…

Il s’presente : il s’appelle Ali,

il voudrait bien réussir sa vie:

être embauché, gagner de

l’argent,

mais surtout, avoir les mêmes

droits qu’un blanc.

Mais les portes de l’état français,

bientôt vont se refermer.

Ce n’est pas là qu’il gagnera sa

vie, expulsé comme tant d’autres

avec lui.

Etre ne sous l’signe de l’hexagone

c’est pas la gloire en vérité.

Et l’futur président sur son trône,

il n’est pas près d’être basané.

(Extraits de textes de slammeurs)

— Il traîne pas avec ce pénible de

edito

Mercredi 21 mars 2007

2 Revue les nouveaux territoires n°1 mars 2007

Actualité/N°0

Dimanche 21 janvier 2007

Richard Lagrange est devenu directeur régional des affaires culturelles ( Drac) du Nord-Pas de Calais. Il vient de Rhônes-Alpes

Le groupe Partouche attaque en justice la décision de la Mairie de Lille d’attribuer le futur casino au groupe Barrère. Il s’appuie sur la présence de Arnaud Delbarre parmi les conseiller de Barrère. Arnaud, ancien directeur du Zénith serait juge et partie. Jugement en 2007.

Le Tire-Laine compagnie polyartistiques oeuvrant dans le populaire semblait immuablement attaché à Wazemmes, où il avait contribué à implanter ce faux folklore parigot fait d’accordéon et d’apaches. Eh bien c’est fini. Expulsé de la rue du Marché par un propriétaire qui préfère louer en bureaux, Nono et sa bande arrivent à Moulins au 50 rue de Thumesnil, après un passage par Roubaix.

Du 23/01 au 4/02, le Théâtre du Nord accueille une création du Sirocco Théâtre ( Paris) Le Captif amoureux de Jean Genet, MeS par Anita Picchiarini et Dominique Leconte. C’est aussi une performance d’acteur : Marc Berman interprète seul sur scène ce roman/journal d’un séjour dans un camp de réfushgiés palestiniens. Plusieurs rencontres sont également prévues : avec l’équipe artistique le 25/01 après la représentaion ou avec Berman (et un documentaire sur Genet) le 3/02 à 11 h 30. Un cours public sera donné le 31/01 à 18 h 30

 12 easy waltzes de Michèle Anne de Mey ce sont douze univers musicaux décalés pour douze propositions minimales, pour le plaisir de danser, de s’étourdir ensemble, de se faire tourner la tête sur des musiques allant du Velvet à Christophe, de Simon & Garfunkel à Bourvil… Pièce suivie de “Light Music” de Thierry de Mey. C’est Le 12 janvier 2007 à 20h30.au Vivat, d’Armentières  5.5 à 18 euro(s). Tel. 03.20.77.18.77 www.levivat.net, levivat@wanadoo.fr   

Laurence Medori, artiste visuel, Laurent Rigaut, musicien, Li Ping Ting, danseuse. sont en résidence à la Malterie. Ils travaillent sur le thème FURTIVES FIGURES «Comment chaque élément crée-t-il l’ensemble ? » Les 10 et 12 janvier 2007 à 20h00 ils proposent une restitution de leur travail. La première phase, avec Sarah Duthille en danseuse, était très bien. 2 euro(s). (Sur réservation) Tel. 03.20.13.15.21 http://www.lamalterie.com

Sympathique rocker lillois, Gérard Colombani a fêté ses trente ans de rock à la Malterie le 9 décembre avec un exposition Rock’n’roll junkies (Fanhardchives, Photorock, RockPixels, Jef Aerosol…) et un concert de son groupes Ashtones (reprises des Stooges), de Gun Addiction et Dig bastards. Ashtones vient de sortir un 25 cm ( vinyl donc) intitulé « A She devil is my Dope Fiend ». 10 clichés rock se sont glissés dans cette brèves, à vous de les découvrir.

« Depuis longtemps Noé

N’ouvre plus son courrier 

Tout c’qu’il aimait Noé s’est envolé

Alors il reste au lit

S’agite et se replie

Et le cœur et le corps en parapluie»

Marie-Hélène Picard, la moitié du duo « Presque oui » est morte en novembre, d’un cancer au poumon. Restent ses chansons, tendrement tristes comme Noé ou franchement drôles comme Le P’tit pompier «Tous ces chatons, tous ces poneys, /Ces couchers de soleil en juillet / C’est plus fort que moi, j’en peux plus,/ Le ptit pompier j’me jette dessus». Reste le souvenir étonné d’un concert improbable au Centre culturel libertaire devant des punk subjugués, (du temps ou Stéphane Lhermitte était programmateur). Reste le Cd, et M. Presque qui continue à porter sur scène les textes de Marie-Hélène.

Gomm sort le 8 janvier l’album « 4 », chez Pias version Cd et vinyl ( une face qui danse, l’autre pas). Bon, ce sera le meilleur album lillois de 2007, quoi qu’il en soit.

Un nouveau disquaire ouvre à Lille : Nuloop spécialisé électro, groove, rock…69 rue Jean Sans Peur. Il aura fallu une dizaine d’années pour que l’effet dévastateur de la Fnac sur les disquaires lillois s’estompe un peu.

Pascale Debrock fait partie avec les éléphants de Lille 3000, M.A.P., Dominique Desmons et Dany Boon des «métropolitains de l’année », selectionnés par la rédaction de la Voix du Nord dans la catégorie culture. En provenance de l’Hippodrome de Douai (scène nationale),Stéphane Konopczynski prendra, dès janvier, la succession de Pascale Debrock à la tête de la Condition publique.

Benoît Bernard «Ben » le chef de la Laiterie à Lambersart est le métropolitain de l’année, catégorie société. Il a obtenu sa première étoile en 2006.

La plate forme artistes de la Mission locale de Lille, créée pour les plasticiens, s’ouvre désormais aux musiciens et aux danseurs. On y trouvera un soutien personnalisé ( choix du statut, dossiers de subventions..) . Il faut passer par son référent Rmi ou son conseiller Anpe pour en bénéficier

Un salle de spectacle de 400 places ouvrira à Lomme en 2010, après l’aménagement d’une ancienne usine de meubles, prés de la médiathèque.

Un complexe cinématographique ouvrira début 2010 à Tourcoing dans un centre commercial, à proximité du Centre Nautique qui ouvrira, lui fin 2007.

Le 16 novembre 40 policiers étaient mobilisés pour expulser les 6 occupants du Maquis, un squatt culturel où ont été organisés de nombreux concerts, et une série de débats sur le travail.

Bertrand Dupouy, guitariste et ex directeur de l’Ara propose une série de conférence “Causons musique”, à L’illustration 18 rue Royale. Sur le ton d’une conversation souriante et érudite, est retracée l’histoire de la musique occidentale. Après les premières rencontre orient/occident, et les débuts de la polyphonie ( de Perrotin à John Cage) seront proposés une Petite histoire de  l’écriture musicale le 22 février, Rythme ou rythmes le 12 avril et un Bref tour du monde des musiques sacrées le 14 juin. Ca se passe toujours le jeudi, tous les deux mois à 19 h 30 ( entrée libre). On fait une interro en septembre.

Nous interrompons nos pages habituelle pour diffuser un message d’Osni

13 déc. 2006 08:00   Studio

Nous venons de terminer toutes les prises. Il ne reste plus que le mixage à faire la semaine prochaine toujours chez Uncle Fabrik.

Et vous aurez un titre en avant première pour noel! Le maxi sortira en février.

Sébastien*

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 En 2007, le dossier de la télévision locale lilloise va-t-il avancer ? Annoncé dès 2004, ce média de proximité se fait attendre

En 2003 Le Csa annonce qu’il va lance un appel à projets de chaîne de télévision locale hertzienne dans dix agglomérations, dont Lille.

La Voix du Nord est candidate. Elle assure déjà la correspondance régionale de TF1 via sa filiale Nep Tv. Fin 2003, L’association 004 TV lance une chaîne de télé éphémère pendant le mois de décembre (avec autorisation du CSA) : Télé Povera. Ses initiateurs souhaitent tester la faisabilité d’une chaîne locale et les ressources publicitaires ? Des contacts sont pris avec C9, chaîne locale sur le câble appartenant alors à Vivendi pour présenter un dossier en commun.

Début 2004 le groupe belge Roularta annonce qu’il est partenaire de la Voix du Nord. Il prévoit l’ouverture d’antenne dès 2005. Roularta important éditeur blege, parti de la presse gratuite, a depuis racheté le groupe Express Expansion, ainsi que Studio. C’est un acteur important de la télé néerlandophone..

Fin 2004 le Csa déclare qu’à Lille « les investigations techniques ne sont pas terminées ». La Voix Du Nord finance des études prouvant que «sa» chaine ne pertuberait pas la réception en Belgique. Elle rachète début 2005 C9. Et annonce à son A.G. de juin 2005 l’ouverture de l’antenne avant la fin de l’année. Un autre candidat est sur les rangs : les cathos de Télé Mélody (voir ci-contre), épaulés par Radio Contact et la Gazette du Nord-Pas de Calais, mais aussi Urbi TV qui gère une télé locale à Orléans. Mais, selon la Lettre du Club de la Presse de Lille on laisse entendre au CSA que, à l’heure de la TNT, les chaînes hertziennes ne sont plus d’actualités.

Le verdict tombe en novembre 2006 : le Csa ne lancera plus d’appel pour les télés hertziennes. Les futures télés locales se feront sur la TNT. Et on repart sur un tour. Cette fois ci le Csa a lancé, d’abord son appel à projet sur Paris. Ensuite viendront les régions. La Voix du Nord saura-t-elle cette fois saisir l’occasion ? Un autre opérateur empêchera-t-il le groupe (propriété du belge Rossel) de compléter son monopole sur l’info régionale ? Ca deviendrait presque un feuilleton passionnant si on parvenait encore à s’intéresser à la télévision en 2007.

teur de l’Ara propose une série de conférence “Causons musique”, à L’illustration 18 rue Royale. Sur le ton d’une conversation souriante et érudite, est retracée l’histoire de la musique occidentale. Après les premières rencontre orient/occident, et les débuts de la polyphonie ( de Perrotin à John Cage) seront proposés une Petite histoire de  l’écriture musicale le 22 février, Rythme ou rythmes le 12 avril et un Bref tour du monde des musiques sacrées le 14 juin. Ca se passe toujours le jeudi, tous les deux mois à 19 h 30 ( entrée libre). On fait une interro en septembre.

  

L’ancienne usine Vanoutryve de Tourcoing devient un pôle de l’image. Ankama, la société qui gére Dofus, jeu multi-joueurs sur Internet, vient de s’y installer. 40 000 personnes sont abonnés à Dofus. L’entreprise qui emploie une soixantaine de personnes édite également des Bd, et se prépare à produire des dessins animés, avec la Corée. Vidéo Plus (films publicitaires) et ADF ( location de matériel vidéo) doivent aussi venir s’installer dans la friche. Télé Melody pourrait également déménager de Villeneuve d’Ascq pour s’installer dans la friche. La chaîne (câble et satellite)  qui cartonne chez les seniors avec une programmation musicale rétro a été financée par une cinquantaine d’industriels catholiques du Nord et créée par Benoît Lecluse fondateur de Roc Fm (groove et slogans chrétiens) et de KTO TV, diacre de l’église catholique. Ca ne l’empêche pas de préparer le lancement de la chaîne Melody Zen consacré au bien être

Fabriquant de souvenirs/N°0/ Musiques/

Dimanche 21 janvier 2007

 Créateur de la Condition publique, aprés avoir été directeur artistique de l’Aéronef et programmateur de Bourges, Dour ou La Villette numérique, Manu Barron est agitateur culturel depuis 18 ans. Voici le regard lucide d’un de ceux qui ont inventé une nouvelle manière de vivre la culture au XXI éme siècle.

ILNT : Manu Barron bonjour, est-ce que tu peux rappeler pour nos lecteurs les plus jeunes ton parcours de vie dans le monde culturel lillois ? Si tu acceptes de revenir sur le passé…MB : Je suis arrivé sur la Métropole à quinze ans. J’ai fait l’E.s.aa.t 1 à Roubaix, j’ai, à la base, une formation de graphiste. J’ai arrêté mes études assez tôt et j’ai travaillé très vite, dans le graphisme justement. Dans la pub. J’ai fait ça pendant trois ans, puis, je suis par-ti aux Etats-Unis, Canada et Amérique centrale pendant un an et demi. Et quand je suis revenu de ce périple j’ai travaillé avec Eddy Djender 2 au Thémis.3J’ai bossé avec lui sur tout ce qui était animation, programmation, barman…
Et de là j’ai rencontré les gens de l’Aéronef qui venaient de créer le lieu et qui m’ont demandé de rejoindre l’équipe et j’y ai travaillé de 91 à 98.

L’Aéronef qui avait été fondé…Fin ‘89 par Jean-Pascal Reux.4 J’ai commencé à l’Aéro en tant que technicien… Je crois que j’y ai fait à peu prés tous les boulots possibles, de chef de sécu à programmateur et j’ai repris la direction artistique de l’Aéronef de 95 à 98, l’année où, suite à la nomination du nouveau directeur, j’ai fait le choix de partir.
J’ai fait alors beaucoup de choses « indépendantes » entre guillemets. J’ai programmé pas mal de festivals, pour la plupart musicaux. Et puis j’ai enchaîné d’autres choses, des expos, des projets divers. Comme festivals j’ai fait le Printemps de Bourges, Dour, La Villette numérique, Global techno, j’en oublie.
Et en 2000 je suis revenu travailler dans la région où j’habitais toujours parce que Véronique Barbezat5 m’a contacté. On lui avait demandé de présenter sa candidature pour un projet qui était un vieux marronnier6 un peu utopiste, dans la région. C’était la Condition publique. Sur laquelle j’ai commencé à bosser, en 2000 avec une équipe que Véro a quitté plus tôt que prévu. Pascale Debrock m’a rejoint, et on a monté le projet que j’ai quitté fin 2005 en décembre, pour intégrer la Fnac comme directeur de l’action culturelle. Cela a été une aventure qui a été plus courte que prévue, suite à un désaccord sur le projet et une incompatibilité d’humeur, et voila … D’un commun accord nous avons décidé d’arrêter notre collaboration et j’ai quitté la Fnac à la mi-octobre.

Des projets ? Pas vraiment de projets dont on peut parler, je ne sais pas vraiment ce je vais faire, mais je sais ce que je ne vais pas faire.
Ca doit faire 18 ans que travaille, je vais profiter pendant 3/4 mois d’un petit break pour me ressourcer, profiter un peu de ma famille j’ai plusieurs projets en tête, des aventures plus personnelle : une idée de magazine culturel national. La création d’une collection de bd un peu spécifiques. Je crois que c’est important cet équilibre : passer d’une aventure collective à quelque chose de plus perso.
Le rythme de l’Aéronef
(Bredouillant, essayant d’inventer un nouveau concept de question) Quelques étapes artistiques qui ont marqué ta carrière, si tu pouvais donner trois projets que tu as pu mener à l’Aéronef dont t’es fier … C’est difficile. Il y avait un tel rythme à l’Aéro, en tout cas quand on y était, entre 95 et 98 on était à pas loin de 200 dates par an.

Ca a changé…: Ca a un peu changé. Donc il y a eu énormément de choses, que dire ? Le projet Pas d’quartier a été important à l’époque. Surtout la rencontre et le travail qui a pu être mené avec cette équipe de choc que nous avions montée pour le festival. C’était pour la plupart des «petits jeunes» à l’époque (comme moi d’ailleurs !) ils ont tous continué a évoluer dans leur passion et pour la grande majorité ils cartonnent actuellement : Farid’O, Ishamone, Juliette Fievet.)
ça a été une très belle rencontre parce qu’on a eu des artistes qui étaient vraiment impliqués dans le projet. Comme Mode 2 avec Futura7 et les mecs de Ntm qui avaient vraiment joué le jeu. Il y avait plein de gens, actifs autour de cultures urbaines qui avaient du mal à se positionner. C’est un projet que j’avais vraiment aimé et j’ai regretté qu’il soit arrêté après mon départ de l’Aéro parce qu’il était très juste. Et j’aimais bien le propos,qui était de dire que la culture des quartiers on doit la faire dans le centre ville et la danse hip hop à l’Opéra. Le fait de vouloir “re-ghettoïser” les gens me semblait être l’un des principal problème de cette époque (1995). Les habitants des quartiers bourgeois on ne leur fait pas le cinéma dans leur quartier, on leur demande de venir dans le centre. C’est une organisation de société désiré par certains, je ne vais pas reparler de Rem Khoolas8, mais il y a un vrai cynisme chez tous ces gens qui pensent la ville.
Il y’ eu aussi le premier Nord Digital, évidement pour moi avait été un moment fort, le deuxième avait été plus difficile. Mais c’était une folie on avait fait un événement de 36 h sans s’arrêter avec de la musique bien sur, mais aussi des expos, des show-cases, des rencontres…
Il y a eu tellement de choses. … Les premières soirées électro qu’on avait montées ; c’était quelque chose d’assez neuf on sortait de cet Aéronef de la rue Colson, un beau lieu mais assez contraignant. On avait un concert à 22 h on ne pouvait pas faire la balance avant 16 h parce qu’il y avait l’école à côté. Cette salle nous avait permis de faire plein de choses superbes et j’ai eu la chance, avec Jean Pascal, Nico Robichez, Brad et toute la bande, de vivre des choses géniales. Ils m’ont appris des tas de choses, mais on avait une énorme frustration liée au fait que l’on ne pouvait pas utiliser ce lieu tard, et c’était en plein à cette époque où débarquait en Europe tout ce mouvement qu’on appelait à l’époque la techno, ce qui ne voulait pas dire grand chose d’ailleurs.
Et donc c’est vrai, quand on est arrivé à l’Aéro à Euralille, même si ça a été beaucoup d’emmerdes et qu’on a lutté longtemps contre l’architecture et la localisation du lieu, on a eu tout d’un coup la possibilité de faire des fêtes tard de faire du son quand on voulait. . Et j’ai eu à l’époque une rencontre improbable avec les dirigeants des Trois Suisses,

Daniel Richard ?Daniel Richard, Marc Sillard et Joël Palix ensuite. A l’époque ils bossaient avec l’équipe de Nova que je connaissais bien aussi, sur un projet de compilation. Ils m’ont donné de l’argent. Grace à cela on a pu proposer une soirée électro par mois avec une entrée à 5 € et des plateaux impossibles à monter aujour-d’hui, du genre Wall of Sound9 où l’on avait le même soir Propeller-heads, Les Rythmes digitales10, Dirty Beatniks ou un plateau Cassius11 , Daft Punk, et les Chemical brothers en dj set, C’était une époque très excitante artistiquement. Et on pas vu de mouvements fort depuis, même si on parle d’un grand retour de rock, bon si on réécoute les Clash, les Boomtown Rats12, Sham 6913 et les Jam14. J’aime beaucoup les Libertines mais on ne peut pas parler d’une grande révolution musicale.

(Servilement) oui tout à fait.

Les Escapades
de Bourges
Dans la période intermédiaires, les festivals, y a un truc de Bourges dont t’es content par exemple ? J’ai commencé en 98 à Bourges, y a eu tout de suite une reconnaissance très forte des médias et de la profession, c’était agréable. Mais ce n’est pas ça qui m’a le plus marqué le vrai moment fort à Bourges ça doit être trois ans après en 2000 2001. Quand le projet que tu as essayé de porter arrive à maturité, que le public il répond, et quand tu vois toutes ces salles qui sont pleines et que tu ne galères plus pour remplir les salles avec des artistes inconnus. Ce qui n’était pas une évidence,
On avait monté un projet qui s’appelait Les Escapades. On partait à 11 heures du matin avec deux bus anglais et puis on faisait 3 haltes dans des lieux patrimoniaux magnifiques, des prieurés des caves, des ateliers d’artistes… donc on buvait du vin, on mangeait du fromage on écoutait des belles choses. L’une de ses escapades on l’a faite avec des potes belges, dont Benoît Poelvorde que j’avais rencontré il y a longtemps a l’époque de C’est arrivé prés de chez vous, qui avait accepté de venir animer ce truc la et ç’a été une journée fantastique parce qu’il nous a fait le guide touristique dans le Cher et c’était fantastique. On a rit comme rarement. On s’est retrouvé dans un prieuré avec un mec qui avait fait un jardin de légumes anciens, tout un délire sur les légumes « disparus ». Et Benoît nous a fait la visite du cimetière des rockers disparus comme si chaque parcelle du potager était la tombe d’un mec et évidemment il n’a parlé que de mecs qui étaient en  vie  on a vraiment rit,c’était fort, il y avait les mecs de Think of One15 qui avait fait un super beau concert sur leur « camionnette sound système » les mecs de Pic Pic André16 qui avaient fait toutes les projections de leurs boulots et Sharko pour une performance solo impressionnante.

La Sécu de Dour
T’es né l’année de Woodstock… Organiser un festival, ça devait un rêve de gosse, d’être programmateur à Dour…Des rêves de gosses j’ai eu la chance en tout cas dans mon boulot d’en réaliser. Je sais la chance que j’ai eue de faire toutes ces choses ; Dour ça été une superbe rencontre ,un truc affectif. J’ai toujours connu ce festival, j’y suis allé comme spectacteur, manager de petits groupes du coin, programmateur qui vient faire ses courses…et aussi juste pour le plaisir.
Quand Carlo m’a proposé de donner un coup de main sur l’artistique, ça a été un terrain de jeux fantastique pour moi, y avait presque 250 artistes à programmer, et pas forcément des pointures c’était donc une vrai possibilité de s’éclater artistiquement. J’ai passé des moments fantastiques à Dour .La ville est toute petite, ça doit faire 2500 habitant au cœur du Borinage, et puis tu as la moitié de la ville qui bosse en bénévolat pour le festival. T’as un mix entre une tente VIP avec tous les notables du village, et juste à côté, Lemmy17 de Mötorhead  qui joue au flip avec les mecs de 2 many Dj’s ! Une image qui me marque à Dour, c’est la sécu : l’entrée des loges, quand tu connais un peu comme ça se passe ailleurs, c’est une dame de 60 ans qui doit faire 90 kilos sur sa chaise avec son tricot et qui te demande ton passe. En Belgique on ne fait pas de manières. Ça ne fait pas très longtemps qu’il y a un espace presse à Dour. Ils ne comprenaient même pas pourquoi un journaliste demandait un pass. J’aime assez ça.

Une date dont t’es fier Il Y en a beaucoup. Citons quand même l’année ou les 2 many18 ont fait leur set sur la grande scène ; ça s’était jamais vu pour des djs , devant 20 000 personnes. C’était de la folie. L’année aussi où j’avais convaincu Carlos qu’il fallait clôturer le festival avec Bjorn again, le cover band19 d’Abba. Dans le public y’avait des punks, des petits mecs en polo Lacoste, des mémères…

Le Poulidor de la Condition publique

Arrive la Cp c’est le premier bébé que tu mets au monde … Non. (Très sérieux). Moi, des bébés, j’en ai eu deux, des vrais, la Cp n’est pas un bébé.
J’avais l’impression d’avoir deux certitudes : ne plus travailler dans un lieu fixe, et ne plus bosser dans ma région de résidence. Le seul truc que je faisais dans le coin c’était Dour, mis à part Gand, où je collaborais avec mes amis d’Eskimo. Véro Barbezat m’a appelé, elle m’a expliqué que la mairie, qui, à l’époque montait un appel d’offre sur la Cp, lui avait proposé de présenter une candidature. Rapidement j’ai senti qu’ils cherchaient un Poulidor, ils avaient déjà un projet. ils n’avaient pas eu d’autres propositions ils cherchaient un candidat pour dire «c’est bien, mais les autres c’est mieux.»20 A l’époque j’avais du temps, j’avais dit à Véro : «Je trouve intéressant de prendre du temps de réfléchir à un lieu, de se demander «pourquoi comment.» J’avais tellement dû lutter contre le bâtiment à Euralille, pour l’Aéronef, ç’avait été une vraie souffrance. Personnellement j’aime pas aller dans les malls21, les hypermarchés, cette architecture m’ennuie, et je n’aime pas le projet de Nouvel.
De là on a commencé à bosser dessus à faire des réunions chez elle

Il faut juste dire que Véronique vient plus de l’art contemporain. C’était intéressant? En fait, on se connaissait pas trop. Je savais ce qu’elle faisait et c’était intéressant cette rencontre. Je me suis toujours intéressé aux arts plastiques en général, moins à l’art contemporain. Je suis plus intéressé par le graphisme, la typographie… Et la peinture, je connais, je suis fils de prof d’arts plastiques. J’ai fait l’Esaat, j’ai baigné là-dedans.
J’étais sûr qu’on n’aurait pas le projet, et pire que ça, je ne voulais pas l’avoir. Et puis nous nous sommes retrouvés à déposer notre projet, à être retenus à l’écrit, à passer l’oral. Je suis arrivé très, très détendu. Je suis rentré de Gand à 7 h du mat, je suis allé boire un café, On s’est retrouvé à 10 h à la mairie. Je ne suis pas trop mauvais à l’oral. Et puis, par le plus grand des hasards on s’est retrouvés être retenus. Ce n’était pas une bonne nouvelle pour moi.
Il y a eu un concours de circonstances. Nous avions la fraîcheur, c’était une ville que j’aimais, où j’avais beaucoup de contacts. Que le fait de pas se foutre la pression dans un exam, t’es détendu, naturel, bien. Et puis, je crois que les autres candidats étaient à côté de la plaque. Pas mal de gens à l’époque ont voulu que je revienne bosser dans la région. Ils étaient jury du concours. Ils se sont dits, tant qu’à faire puisqu’on a envie de le refaire revenir, on a qu’à en profiter, vu que tout le monde est là.
On s’est retrouvé avec Véro, plus Samya qu’on a embauchée et qui est devenue notre assistante, dans un petit bureau qui est aujourd’hui la petite galerie. Avec un téléphone un fax22. Trois jours après notre nomination, le maire nous a fait venir et nous a dit «  il va falloir que vous alliez chercher des sous pour votre salaire ». Ca nous a un peu choqué  au début , mais on a vite compris que cela nous donnerait aussi une fantastique liberté d’action.
On a commencé à travailler. L’équipe s’est un peu étoffée. Suite à un désaccord de fond, on a décidé avec Véro d’arrêter notre collaboration à une certaine étape du projet, mais on fait tout fait pour que l’architecte soit Bou-chain23.C’est Véronique à l’époque qui avait rencontré Patrick, qui connaissait son boulot et qui me l’avait présenté C’était passionnant. On a lancé tout le suivi, le recrutement des architectes, tout le travail avec eux, et il ya eu des combats passionnants. C’est une chance fantastique de pouvoir réfléchir à ce que ça va être un lieu, voir les choses se construire, et en plus avec Patrick, Liliana24, Loïc25 et tous les gens de leur équipe, ça a vraiment été un bonheur de travailler. J’étais un peu réfractaire à l’architecture j’étais très réac, parfois. . J’avais du mal à comprendre les délires d’architectes. Et en plus je sortais d’Euralille. Un moment, quand on ne peut remonter un garde corps a un endroit parce qu’esthétiquement parlant c’est pas dans l’esprit du travail du « maître » , alors qu’un mec vient de mourir en passant au dessus…la je ne comprends plus. A Roubaix l’idée de base qu’on avait posée avec Patrick c’était que le démarrage du chantier c’était celui du projet culturel. Ç’a a été un truc magique.

Vous étiez à trois puis un peu plus nombreux dans une vaste ruine, dans une rue qui n’était pas follement gaie, qui s’animait une fois l’an pour la Braderie de l’art, avec juste une lumière en face, un bistrot, qui, je crois a été important dans l’historique …Oui chez Gacem, une étape importante du truc. Un jour avec Fleischer26 on avait lancé l’idée de créer une fédération des lieux du bout du monde au lieu d’une fédération des maisons folie. On se rendait compte qu’entre le Grand Mix, le Fresnoy, la Malterie27, ou Métalu28, Il y avait aujourd’hui une tendance que tous les lieux de création contemporaine qui bougent étaient toujours cantonnés à des lieux isolés… Il faut y aller à La Cp, tu n’y passes pas par hasard. C’était un inconvénient qui amenait des avantages. Dans la façon de recevoir le public, tu sais que le mec qui se pointe, il vient chez toi. T’as l’obligation de bien l’accueillir, nous avons eu toute une réflexion. Et c’est ce qui a mené notre action : «.C’est quoi un lieu culturel ? Un lieu de vie avant tout. »

Vous avez réussi à adapter le lieu au projet que vous aviez présenté à l’oral, ou bien le lieu a-t-il aussi modifié et orienté votre projet ? La preuve en est la réaction du Drac29 de l’époque qui disait « votre projet n’a pas de fond, pas de contenu, vous êtes juste réactif au bâtiment ». Ce qui m’a guidé dans cette aventure, et qui a fait que j’y suis allé, c’est que suite à cette nomination qui imprévue, je suis allé un soir à la Cp. Fumer une clope dans la rue, réveiller les concierges pour savoir si je pouvais entrer, ils ne savaient pas qui j’étais.. Et puis ce lieu il était tellement fait pour ça, c’était évident. Il y avait un mix de grands volumes, de petits espaces, cette rue, ces toits. C’était vraiment fait pour. Je n’étais pas là depuis un quart d’heure je le voyais.
Après, l’économie, les investissements, les trucs, tu fais moins, plus, tu ne fais pas la salle là comme tu avais prévu, tu la fais ailleurs. Mais, on a eu la chance d’être sur un bâtiment qui nous a accueillis. Et Il y avait quelque chose de naturel. On n’a rien cassé, tu connais le lieu, très peu de choses quoi. On a réorganisé, c’était un lieu magique et j’espère qu’il le restera.
Un lieu perméable

Ya eu une idée un peu forte qui vous a guidé pour le projet ? Beaucoup d’idées, peut être trop d’ailleurs. Moi je sais que l’idée que j’avais toujours derrière la tête, qui a toujours été mon leitmotiv, même si je n’étais pas toujours compris, c’était de créer un lieu qui ne soit pas régi par la dictature de la direction artistique. C’est considérer qu’un lieu culturel ce n’est pas que de l’image. Et il ne fallait pas que l’action et la direction artistique, donc la programmation soit la pierre angulaire. Ce qui me semblait important c’était de créer un vrai, bel outil technique et un vrai lieu de vie, et de concentrer toute son énergie dans la capacité d’accueil afin de rendre le lieu perméable. De vraiment tout faire pour que ce soit un lieu, une structure, une équipe et un mode de travail, et de fonctionnement qui permettent de rendre possible la collaboration.
Mais ce n’a pas été évident. Les associations et les institutions quand on leur disait «  qu’est-ce que l’on fait ensemble » et qu’on leur donnait la possibilité de programmer. Elles n’y croyaient pas «  Arrête, Manu, c’est toi qui… » Et moi j’ai pas fait de prog du tout à la Cp. Il ne faut pas mentir, on en a fait sur les saisons thématiques, Island…mais c’était de la prog partagée. Moi ça ne m’intéressait plus depuis longtemps. Ma façon de programmer pour Dour, Bourges, La Villette numériq, c’était quelque chose que je faisais avec les autres, j’ai toujours pris des jeunes mecs avec moi, parce que ça m’intéressait, cette rencontre de points de vue et de regards. Puis au bout d’un moment Il y a un mec qui décide ce qu’on fait ou on ne fait pas. ç’a toujours été vrai à la CP c’était moi. C’est clair. Mais en tous cas, on allait beaucoup plus loin qu’aligner une liste de noms. Je pense qu’aujourd’hui, quelqu’un de pas trop con avec Internet il peut te faire la plus belle programmation de tes rêves pour le théâtre, la danse, tu vois, ya plus de besoin d’être un spécialiste on a accès à toutes les infos, tu peux regarder ce qui se fait sur les cinq grandes scènes internationales, les 3 festivals branchés…

Avant un programmateur c’était quelqu’un qui détenait l’info et la verrouillait …Bien sur et c’est un truc qui m’a toujours gavé, ce côté c’est moi qui l’ai fait le premier, on s’en fout et moi je sais que je m’en suis toujours tapé. A l’époque ou j’étais beaucoup dans la prog à l’Aéro et spécialement musicale je me suis toujours pris le bec avec les Transmusicales30 et leur système d’exclu31 en leur disant «mais qu’est ce qu’on en a à foutre que ça ne passe que chez vous… »

Comment tu expliques que, n’étant pas programmateur à la Cp toute la prog de la Cp on te l’attribuait, et on pouvait dire «  ça c’est du Manu Barron tout craché… » ? Après je ne vais pas me dédouaner non plus, je lance une équipe, je mets des gens en place, j’ai un mode de travail, une façon de fonctionner, des esthétiques. Quand on me prend moi pour un projet, c’est bien qu’on a envie d’aller dans ce sens là et pas un autre. Les mecs ils ne me recrutent pas pour que j’invite Jérôme Bel32 et encore, pourquoi pas d’ailleurs. Mais ils savent que ça ne va pas être une programmation de scène nationale, que je vais fouiller ailleurs que je vais développer des contacts avec, par exemple, les Flandres. Parce j’y suis historiquement lié, que j’y ai vécu et que je fais encore des choses. Donc voila, tu donnes une certaine couleur personnelle. Et c’est vrai quand j’avais choisi lors de l’inauguration de faire cette saison jamaïcaine, j’avais été attaqué par quelques politiques, locaux et autres qui avaient dit «il a quand même réussi à faire une thématique sur une communauté qui est la seule qui n’est pas représentée à Roubaix» Justement c’est ça que je voulais, dire «vous savez ce qui m’importe c’est pas de faire la saison marocaine, nigérienne ou chinoise parce qu’il y a des Marocains à Roubaix, c’est de faire venir des musiciens qui touchent tout le monde.» 
(Tim : papou pou pou)

La démagogie vue
d’une terrasse face à l’Opéra

Quand on te connaît, on sent bien ta sincérité, mais on a pu te taxer de démagogie. Les grands portraits d’ouvriers sur la façade de la Cp ce côté je vous laisse les clé, ne suis plus programmateur, ça t’a gêné cette image ? S’il y a bien une chose qui ne me gêne pas et que j’ai comprise depuis longtemps c’est bien de pouvoir vite être confronté à la critique publique.
Maintenant, 15 ans après ce n’est pas ça qui me touche. Etre considéré comme démago par des mecs qui dans le petit milieu culturel ne font que défendre de l’élitisme et quelque part, défendre leur petite barque perso, c’est un honneur. Moi je m’en fous de ce que pense le milieu. Le vrai moment de jugement, s’il doit y en avoir un, c’est une sortie de spectacle, c’est se mettre dans un bistrot et écouter ce que disent les gens, c’est avoir des mecs qui viennent te voir et te disent «’‘tain quelle merde le truc que tu as programmé, » tu sais quand tu es sur un lieu d’expérimentation tu prends aussi le risque de montrer des choses qui ne sont pas toujours à la hauteur de ce que tu espérais. Donc ça, ça va. Après le jugement du petit milieu, j’en n’ai rien à foutre. Je ne dis pas que je suis insensible mais il y a une chose qui est très claire c’est que mes grands discours, s’il y en a, je me les suis appliqués à moi-même. Au moment ou je pouvais plutôt me poser le cul, j’ai toujours laissé la place. Donc voila j’ai toujours fait attention à séparer, même si j’ai un boulot qui est passionnant, passionnel, passionné et tout ce que tu veux, j’ai toujours séparé mon univers affectif et le boulot. La bronca publique ce n’est pas un truc qui me touche. Il y a des mecs qui sont déjà venus me voir en me disant « on n’est pas d’accord, ça c’est pas bien, et tout pourquoi tu fais et lala. » , On est devenus des potes par la suite.
 Maintenant, la démagogie, quand tu es au coeur duquartier du Pile et que tu es confronté à la vie des gens… Alors, qu’après les 12 branchés qui boivent leur petite coupe de champagne sur une terrasse en face de l’Opéra33 disent que l’on est démago parce qu’on a affiché des portraits d’ouvriers, je m’en tape. En tout cas les gens du quartier étaient super contents qu’on parle d’eux, et les photos d’ouvriers qui ont fait le chantier sont toujours dans les lieux… Trois mois après le démarrage du chantier on s’est rendu compte que dans l’équipe de démolisseurs il y avait un mec qui jouait dans un groupe de rockabilly34 et on l’a fait jouer à la baraque, si ça, c’est de la démagogie, j’espère ne faire que ça..
 
Et Gacem était très content aussi d’avoir son portrait. Ya un truc qui m’a toujours frappé, quand on va à un spectacle que tu organises, quelqu’un qui te connaît, il peut te prendre pour le mec lambda. Des fois je me demande si ça t’es pas arrivé de te faire refouler par ton propre service d’ordre. Est-ce que c’est volontaire est ce que c’est une stratégie genre je fais le client mystère et je vis ce que vit le public, parce que d’habitude le mec qui organise, tu le remarques, il a 3 badges, il a le portable vissé, il a trois mecs qu’autour de lui qui prennent des notes, il a… toi on le sent jamais. C’est volontaire mais, je ne sais pas comment expliquer ça.

C’est une nécessité physiologique, personnelle, intellectuelle. Je ne suis pas à l’aise dans le rôle de notable culturel local. (Tim rit) Ca fait rire Tim. Soyons clair, le côté vivons heureux, vivons caché c’est vraiment mon truc. Ça m’est arrivé d’avoir des mecs qui, en face de moi parlaient de moi. En bien ou en mal : «  Manu Barron la la la, il couche avec les politiques » c’est super rigolo, un moment, le mec, il se rend compte que ç’est à toi qu’il parle, il y a des effets de surprise qui sont intéressants. Plein de fois j’ai parlé avec des gens du public qui me parlaient comme si j’un mec lambda qui est venu voir le spectacle et qui buvait son coup. Et là, tu sens les choses, tu es dans les choses.

Est-ce que pour toi quand on dirige un lieu comme ça, c’est important d’avoir le retour du public. Où est-ce que des fois tu penses que tu dois tirer le public vers toi, lui montrer des choses qu’il n’aurait pas forcément eu envie d’aller voir, et que tu sais lui donner. Je ne sais pas si je suis très clair…Moi, je pense que les choses ne s’opposent pas. Je crois que c’est une vraie problématique de petit bourgeois. De mecs qui ont toujours vécu le cul dans le beurre de se dire : il faut que je tire le public vers le haut. Je crois qu’on l’a prouvé par les faits, l’un ne va pas contre l’autre. C’était aussi ça l’idée de ne pas faire reposer l’identité du lieu sur la direction artistique. C’est qu’à un moment tu peux ouvrir ta salle à une représentation de théâtre amateur des patoisants de Wattrelos, le lendemain avoir un propos avec toute une équipe de jeunes artistes contemporain bruxellois qui brodent sur des squelettes d’enfants.et avoir le lendemain une fête techno. L’identité d’un lieu est liée à sa capacité de fabriquer des souvenirs. Il n’y a rien de plus beau quand tu fais un taf d’avoir un mec qui dit, tu sais moi j’ai rencontré ma meuf à un spectacle de danse dans tel lieu ou tu bossais à l’époque ou quand un artiste t’écrit sur My Space35, pour moi tout à commencé ce jour là (Tim : papa !, Manu : ‘hé jsuis en train de parler !). Le fait d’être dans un quartier populaire, où la culture n’est pas évidente, qui n’est pas un quartier bobo, c’est une vraie liberté. Après moi je n‘ai pas l’impression de tirer les gens vers le bas, parce que je mets en avant la scène locale. Je crois qu’il faut partir de l’existant. Moi ce qui me gave toujours c’est les gens qui montent des programmations en refusant le quotidien, la réalité, ils en sont bientôt à inventer des artistes. C’est l’année du slip, il faut inventer des artistes qui bossent sur le slip. Et je crois (Tim : La et la. MB : Tim tu veux pas regarder un dessin animé ? Tim : Oui oui. M : Bon, bon.).
Une action culturelle, hélas, ou tant mieux, elle ne peut s’inscrire que dans le temps. Il y a un vrai boulot de base à faire et il ne faut pas faire les choses à l’envers. J’aurais pu le faire à la Cp ç’aurait peut-être été plus payant de faire du clinquant, de l’événementiel. Mais, je crois que c’est important de partir de la réalité de terrain, de voir ce qui existe, de ne pas s’inventer des courants, des mouvements et de sortir d’une sorte d’élitisme. Quand tu utilises du fric public, il y a obligation à rendre des comptes et à faire que tes action touchent un maximum de gens, sans populisme. On a monté des cours publics de philo, tu ne fais pas venir un mec qui a arrêté l’école en cinquième en disant «  viens mon pote, Deleuze c’est intéressant ». Il ne faut pas se mentir.

C’est ce que dit Onfray.36Oui mais j’aime beaucoup le mec, j’aime bien ses écrits, je suis d’accord avec pas mal de choses. Mais quand tu vas à une conférence d’Onfray c’est pas super populaire. C’est super intéressant par contre. Je ne comprendrais jamais pourquoi un lieu ne pourrait pas accueillir un soir des intellos, des mecs branchés sur la création contemporaine ou un truc pointu sur les émergences et les incidences du territoire, et le lendemain un petit concert de reggae avec un groupe du coin. Pourquoi est ce que les gens ont besoin de s’identifier à des lieux qui soient un package global culturel.

A cause de l’abonnement, parce que, si on s’abonne à un lieu… Quel abonnement ? S’abonner à quoi ? Moi je n’ai pas envie de m’abonner. Le public n’a pas besoin… Pourquoi il va s’abonner ? L’abonnement c’est quand j’amène ma fille au cheval chaque dimanche et que toutes les trois semaines je vais à l’Opéra. Chacun son taf, et mon taf ce n’est pas ça.
Un moment c’est aussi un truc que j’ai vécu à l’Aéro, quand on est passé de la rue Colson à Euralille c’était le côté «  ah c’était mieux avant.. Mais pourquoi c’était mieux avant ? Je te jure que si tu regardes bien, il y a des faits historiques, si tu prends les progs de 93, 94, 95, 96, 97, et si tu les compares, ya eu plus de pop et de rock à partir de 96 qu’il y en avait à l’ancien Aéronef mais il n’y avait pas que ça. Je crois que les gens ont besoin de s’identifier à leur lieu. Ça marche très bien pour certains projets ; moi, par exemple j’ai un immense respect pour La Malterie, je parle de truc dans le coin plutôt que d’aller au bout du monde. Ce lieu est sur un créneau avec une niche, une identité. Il a très peu de financement public, il fonctionne sur le bénévolat, le volontariat, sur la passion, et ils ont créé une identité à eux, un truc. C’est génial parce que ça pousse les gens à découvrir des artistes qu’ils ne connaissaient pas. Sans programmateur unique, avec plusieurs collectifs, c’est un super beau boulot, avec des gens qui font leurs trucs, et qui font chier personne, en plus.

Ça ne m’explique pas un truc, c’est que , yavait quand même un truc à la Cp qui faisait que je vous  faisais confiance, c’est-à-dire que je vois un jour « one hundred hippies « , je crois que ça existe moi ça fait au moins depuis 77 que je ne supporte plus le mot hippie mais je me dis, tiens c’est marrant, ça à la Condition publique, après une soirée électro et une conférence intello ? Bon j’y vais et je passe une super soirée, une découverte ; Comment ça se faisait que bien qu’il n’y ait pas une grande unité entre les choses on pouvait venir en se disant…Il ne faut pas opposer l’exigence de qualité et la pluridisciplinarité, en tous cas, la volonté de mélanger des esthétiques. On a toujours fait gaffe, même quand on faisait jouer un jeune groupe local, ou bien un artiste international, d’avoir cette exigence de qualité. Et puis on s’entourait, c’était une défense de la Cp dans le système que l’on avait monté, on avait une trentaine, une quarantaine de conseillers culturels occultes. C’est super intéressant quand un lieu comme la Cp dit : on va faire de la danse contemporaine de le faire avec Catherine Dunoyer ou avec Latitudes contemporaines, ou avec un jeune collectif… Il y a des gens qui sont passionnés, c’est leur vie. Pourquoi j’irais le faire tout seul, pourquoi j’irais m’inventer une compétence.
Ce que tu apportes au public, c’est plusieurs regards. Moi je me suis retrouvé dans le rôle de metteur en scène de ces regards. Tu regardes les équilibres pour ne pas arriver à trop de ci, pas assez de ça. C’est un autre truc dont je suis fier à la Cp c’est d’avoir réussi, pas tout le temps mais par moment, à avoir vraiment l’impression d’arriver dans un lieu de vie. Ca bouge, ça vit, tu as un bistrot, tu as la baraque. Et tu as d’un côté 4 mecs fans d’art contemporain qui sont venus voir un truc et puis d’un autre côté tu as 5 artistes qui sont en résidence et qui sont en train de se parler, ailleurs les gens du quartier qui font une belote ; Alors oui, c’est certainement du populisme. Ou de la démagogie, mais moi je m’excuse, c’est ça la culture que j’aime. Je refuse de vivre dans une société ou il n’y a plus de café, maintenant, tu vas dans un bistrot parce que t’es gothique, ou avocat. J’ai des souvenirs de bistrots dans le vieux Lille où tu avais un intello, deux keupons, trois avocats 4 blackos, les mecs de la Pirogue qui avant dix heures venaient boire un coup et faisaient une belote de comptoir, et en même temps le mec du quartier, et bien voil

Dimanche 21 janvier 2007

  Manque de Baul

Robin a beau être le manager des Blaireaux il n’en a pas moins une âme. La preuve, il prend son plaisir à l’écoute de chants védiques. Mais quel ennui lorsque la tradition vivante devient soupe de supermarché.

 Par Robin Sen Gupta

 Le 25 octobre, dans le cadre des « Salons de Musique » de Lille 3000, avait lieu à la salle Salvador Allende de Mons en Baroeul un concert du chanteur  Paban das Baul et de ses musiciens, tous issus de la caste des Baul qu’on retrouve surtout au Bengale, dont l’origine se confond avec celle de l’hindouisme, et qui se compose presque exclusivement de musiciens nomades colporteurs de la pensée védique 1*.

Ce concert avait été très amené dans l’après-midi par les manifestations organisées à la Maison Folie du Fort :  rencontre avec les musiciens lors d’un mini-concert au café concert du Fort,  projection du film réalisé en 1980 sur ces mêmes Baul relatant leurs pérégrinations à la fois mystiques et musicales, accompagné, du début à la fin, par des litanies aussi entêtantes que subtiles. On les  retrouve le soir même à onze sur la scène de la salle Salvador Allende, dans une implantation proche de celle des chanteurs kawali, leurs cousins pakistanais, avec de cour à jardin, deux séries de micros en arcs de cercle au centre desquels Paban allait prendre place, et une multitude d’instruments, aussi insolites aux yeux du néophyte que précieux et rares pour l’auditeur averti, et qui avaient pour nom, entre autres, dubki –tambourin-, sârangî – instrument à corde se jouant avec un archet-, dotara – luth à cinq cordes. Très vite, les instruments, auxquels se joignirent bientôt des voix nous emmènent dans l’au-delà tant l’eschatologie traverse les questions soulevées par les chants Baul : qui sommes-nous bien sûr  mais aussi où allons nous et surtout où irons-nous ? Pendant prés d’une heure, la tentation fut  forte de fermer les yeux et d’aller les rejoindre dans leur errance de troubadours célestes  Il suffisait de suivre l’envol des chants. Hélas arrive toujours l’instant fatidique où le vol s’arrête, où il faut regagner la terre ferme des contingences : l’entracte, sa lumière blafarde et ses conversations qui ne peuvent qu’avorter.

Sur les visages sont fraîches et perceptibles encore les marques du voyage, les empreintes du plaisir.

Mais tout à une fin. Aussitôt son retour sur scène, Paban cessa subitement de prêcher des convertis : la magie s’était dissipée, certes sans violence aucune, sans la moindre agression mais elle s’était dissipée tout de même. A quoi cela pouvait-il bien être imputable ? Au changement de protagonistes sur scène. Certes un peu. A la substitution de certains Baul par des musiciens venus d’occident, et enfin à cette autre substitution bien plus dommageable encore que celle-ci  entraînait dans son sillage: celle de certains de leurs instruments par un synthé et une basse!

Mais le nœud du problème, ne résidait pas là car la rencontre est/ouest, stimulée et encadrée notamment par le label Real World initié par Peter Gabriel, – label distribuant entre autres les disques de Paban das Baul, mais aussi ceux de Nusrat Fateh Ali Khan et de Geoffrey Oryema pour ne citer qu’eux-, a déjà  accouché de véritables perles*2.  Non le nœud du problème résidait dans le fait que l’alliage soudain sonna faux, faux au sens de toc, avec cette même véritable sincérité qui fait que le toc ne triche pas sur son identité. Ainsi l’alliage n’était pas surfait : pas plus qu’on ne pouvait douter de la sincérité du quinquagénaire non-voyant qui s’installa au synthé et auquel Paban témoigna de nombreuses marques de respect, on ne pouvait douter de celle du joueur d’amphore musicale ou encore du bassiste d’origine africaine. Simplement, autant les notes de la première partie nous avaient semblé graciles et éthérées autant celles de la seconde partie nous parurent balourdes, cabochardes et sirupeuses au point d’en devenir sur la fin dégoulinantes tant le concert s’étira en longueur. Il appartient hélas à l’ennui d’imprimer au temps de regrettables distorsions : au cours du dernier quart d’heure, le concert, alors qu’on n’avait pas vu le temps passer  au cours de la première partie, sembla devenir interminable et il est vrai qu’il avait commencé depuis bientôt deux heures. La faute avant tout à Paban das Baul qui, à force de vouloir mélanger les genres et fusionner les influences, accoucha d’une partition si consensuelle, si lourdement chargée de compromis qu’elle finit par ressembler à de la variété, -rehaussée il est vrai par une admirable voix , comme on en trouve dans tous les pays de la terre, sans que l’Inde bien évidemment ne soit épargnée, identifiable à cette lisseur protéiforme, à ce caractère proprement impersonnel de l’œuvre qu’on sent n’être pas ou plus habitée.

Notes
1 La pensée védique s’inspire des Vedas, textes sacrés qui avec le Mahabharata et la Bhagavad Gita constituent le socle de l’Hindouisme. Ces textes le plus souvent apocryphes remontent parfois à plus de deux mille ans avanr J-C.
2On pouvait constater la réussite d’une telle rencontre, le quinze novembre au théâtre de Tourcoing dans le cadre du Tourcoing Jazz Festival en la personne d’Anouar Brahem au Oud et du trio qu’il forme avec François Couturier au piano et Jean-Louis Mattinier à l’accordéon (label ECM), pour la sortie de leur nouvel album « Le Voyage de Sahar ».
 

Brèves Musiques/ N°0

Dimanche 21 janvier 2007

Lilith duo (Chanson jazz) sort Mater

Trisomie 21, groupe mythique originaire de Denain ( Nous les voyons encore, fraîchement débarqués de cette ville industrielle en ruine, au tout début des années 80), annonce la sortie d’un album pour 2007.

Le second album de l’ex-lilloise Laetitia Sherif est prêt. Il sortira quand Olivier Melanno producteur et guitariste d’icelui aura fini la promotion de son propre Cd. C’est quand il veut…

ATLANTYS ( Power Pop) a signé avec le label Skycoke et annonce un nouvel album pour 2007, Eden/Apocalypsia. Il a été choisi pour la compilation « indé » du Mouv’.

DLGZ ( ex daddy Long Legz, électro-rock progressif) prépare un maxi Rock Music Of Our Own qui début 2007

Da’wa (métal en fusion) sort prochainement un cd intitulé K1-KA

Sorties d’album
Les Belges de My Little cheap Dictaphone sortent Small Town Boy chez Jaune Orange. www.mylittlecheap.net

Loic Lantoine sort son second album. Tout est calme. Le Lillois chaloupe entre spoken word et lecture expressionniste, accompagné à la contrebasse par François Pierron. Une valeur sure de la qualité française, si vous trainez dans les bistros de Wazemmes pour pourrez dire un jour « Loic ? C’est un pôte » (Label : Mon Slip)

GuMMa (rock à la Noir Dèz) sort en février 2007 un album 10 titres Génération Clone chez Seven School Sound / Productions Spéciales.

Red sort Social hide and seek guests :Neman (Herman Dune) et Noel Akchoté

Axiom rappeur sort un album éponyme après son carton La lettre au président.. C’est bien. (www.axiomfirst.com)

Medinasoundz sort son prople album, après avoir produit un bon nombre de musicien à Tourcoing.

Hamilton ( Post rock mélodique) sort un cd : Memories, chez Red Plane records.

Sexual Earthquake in Kobe bénéficie d’un buzz flatteur. On pourra juger sur pièce avec une demo “Futuristic ? Failure ! », qui sent un peut les cours d’anglais du lycée mais bon.

Sortie d’Un hommache à vous autres, la seconde compilation de reprise de chansons de Raoul de Godesvaerwelde. 33 artistes du Nord participent.. C’est moins excitant que la première fois. unhommache@wanadoo.fr

Radiateur (Post rock dansant) sort un album chez le mexicain Wio Wio records.

Marcel et son orchestre ( ska festif) sort E = C M 2

Syrens Call (Heavy symphonique) sort Against Wind and Tide chez Brennus.

Ufych Sormeer, (heavy symphonique), sort « Crazy Middle Ages Cyborgs ». Comme quoi le metal c’est pas une usique d’abrutis.

Maymun (Electro funk turc )sort Playin’

DAZY (rock ) sort son premier CD, un 5 titres

FLEEN (pop) sort un troisième album Journey In Moods,http://fleen.free.fr

RODRIGUE ( chanson) passe aux aveux et sort Le Jour Où Je Suis Devenu Fou
.
DAMIEN SILVERT (métal) ex Century Scream, sort un album solo : Te mentir (11 titres), et ça c’est vrai
Milgram (Rock progressif ) sort Another one buys the dust
Curry and coco( Rock garage) sort un Cd 2 Titres
Joe et La Machine sort un Cd
Manatha (Rock rigolo) Sort le cd « Oxmose ». Extrait : «Elle habite dans le bassin minier/Elle a le bassin mignon ».
Numu (Afrobeat) sort Umun
L’Orchestre national de Lille sort Berlioz, La damnation de Faust. et
Prokofiev, Alexander Nevsky. Ca n’est pas très dansant www.naxos.com
-Décembre 2006 : sortie officielle de l’album de YUKIKO THE WITCH.
Zoe (Métal) sort Make it Burning

Le site lillelanuit.com qui revendique 5000 visites par jour va mettre en place une radio sur le site. Elle permettra de diffuser des morceaux de groupes de la région.

Bonjour l’artiste est une nouvelle radio web. Pour être diffusé envoyer une démo 56 rue des Stations 59000 Lille. www.nouvotalent.eu

En février 2007 commencera l’audition de la Tournée Time to Rock, qui a pour objet la promotion de groupes français de rock en voie de professionnalisation. Organisée par Showprod, la tournée comporte un concert dans chaque région. A l’issue de la trounée deux finalistes jouent à Paris et l’un des deux groupes sera sélectionné pour bénéficier d’un accompagnement profesionnel. En 2006, 23 groupes ont été sélectionnés (dont Da’wa, fusion et Century Scream, metal progressif, Aisne). 149 groupes s’étaient portés candidats dont Agonia, Day one a porno (post punk) Morpain ( Harcore metal) Rosebud (pop). Le groupe devra disposer d’une autoproduction. Tous les styles de rock pop sont admis mais il semble que le métal ait la préfé-rence du jury. (www. Timetotrock.com)
Le Tremplin Area à Aire sur la Lys aura lieu le 24 février. Les candidatures (bio, démo…) doivent être envoyées rapidement à Area Place du Château 62120 Aire sur la lys Tél 03 21 30 78 78
On peut envoyer sa candidature pour participer au festival ExterieuRock de Souchez, qui réunira 16 groupes le 9 et 10 juin. Fan Music 14 rue Pasteur, Appt 1 62153 Souchez. sylvain@fanmusic.ord. Tél 06 63 57 83 81.
L’association Bougez Rock organise la 3ème édition du Tremplin Jeune Talent à la Maison folie de Maubeuge (59). L’Ascenseur, c’est son nom, est ouvert aux groupes non signés tous styles confondus. Il ouvre désormais ses portes aux artistes établis au Nord de Paris jusqu’à la proche Belgique. En 2006, Curry And Coco, a remporté le tremplin et s’est produit au Festival Les Nuits Secrètes à Aulnoye-Aymeries, partageant ainsi la scène avec Tokyo Sex Destruction, The Bellrays et Radio4. 9 groupes seront sélectionnés sur écoute..
Contact : bougezrock@gmail.com
Chopé sur le Net : « bonjour,
je recherche tous types d’artistes: chanteurs, peintres, danseurs, clowns, poetes, ecrivains…. pour se produire dans un bar littéraire de Lille
Merci de m’envoyer vos coordonnées et votre activité à l’adresse: machadx@caramail.com »
“Producteur recherche personnalité vocale affirmée pour album. Région Nord. autres si motivé. Styles: rock, pop, jazz electro, blues. Démo, bio + photos à envoyer à : waveslicks@yahoo.fr Ne pas postuler sans ces éléments.”

Pour faire partie de la programmation de Northern sounds ( festival en avril, disque en juillet) qui regroupe des groupes du Nord-Pas de Calais et du Yorkshire ( plutôt post rock, pop) il faut s’adresser à MFP 30 rue Victor Hugo 62300 Lens
le Centre Culturel d’Haubourdin organise le tremplin Trampoline le 16/2. Tous les groupes amateurs peuvent participer à ce concours, à condition de jouer des compositions personnelles. Le samedi 17 car le groupe lauréat jouera en première partie des Sims et de Taraf Dékalé . Les gagnants se verront offrir 2 journées de studio. (:http://www.myspace.com/trampoline_fr)
Tour de Chauffe propose un accompagnement à la pratique musicale à la scène via des résidences de répétition/création, des séances d’enregistrement, des formations et la participation au festival 2007. 18 groupes ou artistes seront retenus.
Informations :
tremplintdc@free.fr
Formulaire d’inscription www.tourdechauffe.studioka.net

Dans le cadre de sa 13e édition, le Printemps de la Vieille Bourse, festival gratuit de jazz et d’arts de rue, recherche :

- des artistes / groupes jazz
- des troupes d’arts de rue
- des jeunes créateurs (stylistes, photographes, graphistes, …)
Le festival accueille plus de 30.000 spectateurs sur deux jours.
Politique de rémunération : défraiement de 150 € par groupe + cachet éventuel
. Pour poser candidature :
envoyer CD démo + bio + concerts à venir à l’adresse indiquée plus bas.
Lieu : Place de l’Opéra et Vieille Bourse , Lille
Date : 17 et 18 mars 2007
Tarif : gratuit !

L’association culturelle de l’IAE de Lille 1, Baz’Art du Son, organise dès le mois de janvier des concerts dans les bars lillois ainsi qu’un festival musical dans une grande salle de la région fin mars-début avril : rock festif, ska, électro, house, drum’n’bass,… Pour cela elle a besoin de groupes motivés, talentueux, désirant se produire dans la métropole lilloise.Contact: mathildanquigny@yahoo.fr

Carte Vermeil, groupe qui reprend des standards du RnR anglo_saxon cherche son chanteur. Contatct Pascal ( 06 07 79 56 83

vous voulez délirer sur scène ? vous savez BIEN chanter ? les harmonies ça vous connait? ça vient tout seul? pas besoin de vous répéter 10 fois pour comprendre? vous chantez JUSTE surtout?
cliquez sur http://lesnanasfelees.free.fr, et si ça vous plait, casting siouplait ! un plus si vous êtes musicienne
.

16-01-2007 – La Voix : pratiques existantes et compositions nouvelles
Lille ou environs.Stage dans la cadre du Pôle National Ressources Musique et Voix Nord – Pas-de-Calais.Intervenante : Sarah Goldfarb. Public ciblé : 10 personnes 5 personnes Education Nationale / 5 personnes “culture” (enseignant spécialisé et encadrant de pratique). Durée : 7 jours en tout 16 et 30 janvier, 19 et 20 février, 15 et 16 mars.Une journée de finalisation reste à fixer. PNR Musique et Voix SCEREN – CRDP Nord – Pas-de-Calais Jeremie Beccaert 03 20 12 40 80 – poste 539 pbeccaert.crdp@ac-lille.fr
22-01-2007- La voix autrementArras.Intervenants : Benàt Achiary et Eric Trémolières. Durée : 4 jours en tout 22 et 23 janvier,1 et 2 février. Contact : voir ci dessus.

Lille 3000 : J’ai fait le Tri Postal

Dimanche 21 janvier 2007

Par Olivier Pilar 

Le Tri Postal nous invite à découvrir l’Inde à travers quatre expositions, qui s’achèveront le 14 janvier 2007. Le regard d’un jeune journaliste qui est plus branché post rock qu’arts plastiques, mais qui sait ouvrir les yeux.

J’aime le Tri Postal. Un bloc de béton collé à la gare Lille Flandre, où des générations de postiers ont sué pour nourrir leur famille, aujourd’hui devenu temple de l’art contemporain. Voici une métamorphose hautement sympathique (oui, la sympathie, comme le saut à la perche, se mesure à sa hauteur.) La Poste, en pleine restructuration libérale, est allée trier son courrier ailleurs, et les besogneux de l’inutile, de l’éphémère, les assidus du détournement d’objet ont investi les lieux. Deux ans après Lille 2004, le Tri Postal accueille Lille 3000, et les amateurs du poil à gratter conceptuel se pressent aux portes du temple (poussez pas derrière !). Porté par un engouement carrément juvénile, j’ai rejoint la foule, fier de pouvoir dire, comme les soldats du fou furieux Bonaparte : «j’y étais. » Passés les premiers mètres, jalonnés de visages géants, dressés comme des totems (Le Troisième œil), je jette un œil à La Fabrique, habile montage qui nous plonge au cœur d’une manufacture indienne de textile. Les écrans vidéo y remplacent les ouvrières mais le vacarme des machines outils est bien présent. Avec cet atelier virtuel, regard high-tech posé sur les gestes millimétrés des automates humains, le ton est donné : L’Inde du Tri Postal est un organisme vivant et complexe, révélé par un foisonnement d’images et une déferlante sonore, où l’objet cache l’humain, où l’humain pèse à peine plus qu’une cellule. Rassurez-vous, le visiteur pèse, au moins, le poids de son ticket d’entrée, et, comme souvent au Tri Postal, on n’est pas déçu. Palais des bazars Mon esprit s’élève haut, très haut, au moins jusqu’au premier étage, où s’étale l’expo Bombay maximum city, inspirée du best-seller de Suketu Mehta. Franchement, c’est une réussite. Un gigantesque bazar, entre ombre et lumière, un paysage spectaculaire et bruyant, en perpétuel mouvement. Je n’avais jamais mis les pieds à Bombay avant d’aller au Tri Postal, et je ne suis pas mécontent d’avoir fait le voyage. Bien sûr, l’œil est immanquablement attiré par l’architecture suggérée, le kitch des couleurs qui se télescopent, les paillettes et les dorures, le va et vient des marchands ambulants, l’invraisemblable bric à brac qui s’étale un peu partout. Mais l’essentiel est ailleurs : Bombay maximum city célèbre la mégapole en tant qu’espace de vie (la cité cinétique), écosystème où les ethnies se mêlent, parfois violemment, pour ne plus former qu’une seule et même conscience. Autant dire que la transition avec l’expo futurotextiles, un étage au dessus, est un peu délicate. Trop de clarté, trop d’espace. Un univers à la Tati, où les textiles de demain vous sautent à la gorge, où la matière est priée de rejoindre l’organisme : tee-shirts pulvérisés et micro-encapsulés, vêtements communicants, oreillers relaxants, filet attrape brouillard, le futur s’annonce radieux dans les armoires. Le visiteur retiendra quelques néologismes pimpants (« cosmétotextiles »), ainsi qu’une expérience tactile pas désagréable, le corps comme enveloppé dans une matière en suspension, étalée, enroulée, omniprésente.

Indomania : images de la culture indienne/N°0/Arts plastiques

Dimanche 21 janvier 2007

  A l’Hospice Comtesse, Lille 3000 nous invite à découvrir l’Inde et son art populaire. Voyage en image à travers le temps.  Dans la cour pavée, on ne peut pas le rater : un singe de 4 mètres de haut, l’air vaguement menaçant, cape au vent et bagues aux doigts. Les gamins sont effarés, les adultes amusés, tandis que les pigeons roupillent. Bienvenue à l’Hospice Comtesse. Le musée lillois accueille The Wise One, la créature de Bharti Kher, mais également l’expo Indomania, dédiée à l’art populaire indien. Explications : Le doyen de l’Ecole d’Art et Esthétique de l’université de Delhi a rassemblé une impressionnante collection d’images, du 19ème siècle à nos jours. Il a ainsi voulu montrer le rôle de l’imagerie dans la construction de l’identité culturelle et nationale indienne. J’en vois déjà qui baillent. Ceux là ont tort. Cette exposition est l’une des plus passionnante de l’ogre Lille 3000.  Ici (c’est-à-dire là-bas, « ici » n’est qu’une figure rhétorique destinée à sortir le journaliste de l’embarras), l’art et l’histoire se mêlent. La colonisation britannique a introduit la sainte trinité (marchandise, publicité, consommation), et le commerce d’objets manufacturés (céramique, textiles, cigarettes, savon…) a favorisé la production massive d’images. La photographie naissante et le théâtre se sont imposés à la société indienne, véhiculant les stéréotypes ainsi que l’académisme européens. La multiplication des supports et des techniques (gravures, chromolithographie, oléographie, affiches…) a permis la constitution d’un gigantesque puzzle pictural, où le religieux, l’érotisme, la politique et la mythologie s’entrechoquent. L’éclectisme est de rigueur, dans cette foisonnante production, et les images s’accumulent joyeusement sur un même support.  Nationalisme exacerbé   En un siècle à peine, la représentation graphique s’est émancipée, créant un nouveau langage visuel. L’artiste transgresse l’unité de temps et d’espace, mélange les genres, pour mieux servir les intérêts nationaux. L’hindouisme pan-indien est en effet omniprésent, et l’exaltation des figures historiques est récurrente : personnages politiques (Nehru, Gandhi), et divinités (Bhârat Mata, Krishna, Hanuman) peuplent les collages parfois facétieux d’artistes inconnus. Le commerce religieux entre l’Europe et l’Inde a impulsé une nouvelle imagerie sacrée, tandis que l’administration coloniale imposait sa vision orientaliste d’un peuple indien fantasmé, constitué de danseuses lascives et d’artisans besogneux.  J’arrête là mon exposé, aussi besogneux qu’un artisan indien fantasmé par le capitaine des lanciers du Bengale (on se réveille au fond de la classe). Je ne savais rien de tout cela avant de parcourir les allées de l’exposition Indomania. Alors, si vous voulez vous endormir moins idiot que votre voisin, précipitez vous à l’Hospice Comtesse. Amen.

Eloge de la maison folie ?/N°0 Arts Plastiques

Dimanche 21 janvier 2007

Fer de lance supposé de la culture populaire, les maisons folies ouvrent leurs portes à l’Inde et à Lille 3OOO. Petit détour par Wazemmes.  « Hello Lille, love & kisses from India ».C’est par ces mots de bienvenue, suspendus à la façade rouge brique, que la maison folie de Wazemmes accueille ses visiteurs. Moi j’aime les bisous. Et comme le programme annonce pas moins de 3 expos, au titre alléchant (Raghubir Singh, Rich Mix, et Bombay©Bombé, ça donne envie de soulever le couvercle, non ?), c’est avec un sourire un peu béat que je franchis les portes de la MFW. Il n’y a pas foule, et c’est tant mieux : il parait qu’on y trouve des œuvres interactives, et faire la queue au « grand huit » ou au « super looping » c’est pas mon truc. Le problème, je m’en aperçois vite, c’est que les expos ne sont pas très fournies non plus. « Tu voix Coco, l’art faut que ça respire ». Certes, mais le visiteur boulimique reste un peu sur sa faim.  Les distraits noteront que l’expo Bombay©Bombé, rencontre entre les affichistes de Bollywood et des grapheurs lillois, s’étale à l’extérieur de la maison folie. Prière de lever le nez en arrivant, c’est plutôt réussi. Au rez-de-chaussée, le pop art du Rich Mix déroule mollement son concept de démocratie planétaire : jeu avec le regard, et détournement des références graphiques, par le biais d’œuvres qui témoignent de la diversité et du dialogue culturel. La véritable attraction est sans conteste le Sonic Bed, qui propose aux facétieux une expérience musicale et sensorielle apparemment indolore. Au creux du lit qui vibre et qui gronde, j’observe deux corps proche de la catalepsie. On dit que la compréhension de l’art requiert des efforts. C’est vrai, ici le visiteur doit retirer ses chaussures. Un bref instant, je songe à la fameuse photographie de J-M Messier, allongé sur son plumard, exhibant une chaussette trouée. Le grondement sourd qui emplit la pièce est peut être celui des actionnaires damnés de Vivendi.                        Culture et mégawatts Je file jeter un œil aux étages. Rich Mix encore, avec les portraits suspendus de Monarchs Of The East End, allégorie sociale et culturelle, et le dispositif interactif Kidzone, qui réagit au mouvement. Mouais, les visiteurs se pressent devant un mur noir, sans vraiment comprendre ce qui se passe. Amusant. Je passe distraitement dans la salle Fresh Asians, vaste projet de morphing communautaire, et je me plante devant les clichés vigoureux de Raghubir Singh, photographe d’une Inde contemporaine. On est loin de l’iconographie romantique de ses prédécesseurs. Ici, l’image témoigne de la multitude colorée des rues de Bombay, sans faux semblant. Pris d’une inspiration subite, je décide d’aller me recueillir à la maison de l’énergie vitale, qui a ouvert ses portes à quelques pas de la maison folie. Un peu de verdure, quelques banquettes dans un décor de western indien, le tout sponsorisé par EDF. Et pourquoi pas Total ? et pourquoi pas au Parc Astérix ? Siddhârta, reviens, ils sont devenus fous ! à ma gauche, un écran plasma distille les bons conseils d’une électricienne en mini jupe. On se croirait chez Castorama. A ma droite,  une hôtesse en contrat précaire s’ennuie ferme. Je suis terrassé par ce temple de l’écologie de bazar, création hideuse des communicants d’EDF. Sur un panneau, je peux lire cette inscription remarquable : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ». Je vais de ce pas demander à mes gamins ce qu’ils comptent faire des 58 centrales nucléaires qui  fleurissent sur notre beau territoire.O.P.

Lens : Louvre ou Louvre pas ?/N°0/ Arts Plastiques

Dimanche 21 janvier 2007

 

  “Quelle bonne nouvelle pour la région » L’annonce de la future ouverture d’une annexe du Louvre à Lens n’a suscité que des commentaires enthousiastes, dans la presse régionale et nationale. Pourtant, on peut se poser certaines questions sur ce  projet

 

Rappelons de quoi il s’agit. Début 2OO9, doit ouvrir ce nouveau musée, conçu par l’agence japonaise Sanaa. 3000 m2 seront consacrés à des « présentations renouvelées » (en quelque sort, une exposition permanente qui changera tous les trois ans). Là seront présentées des œuvres issues des huit départements du Louvre (peinture, sculpture, antiquités grecques et romaines, égyptiennes et orientales, objets d’arts, arts graphiques et art de l’Islam). Ces divisions traditionnelles seront dynamitées pour pouvoir, par exemple donner une vision globale de l’art de la Renaissance, ou du baroque. Par ailleurs sur  2000 m2, seront organisées des expositions temporaires qui feront également appel à des prêts à d’autres musées. Elisabeth Delahaye-Taburet, conservateur au Musée du Louvre, chargée de mener à bien le projet,  a donné quelques éclaircissement, dans la Voix du Nord : « Les collections du Louvre, c’est le noyau. L’objectif, c’est de créer un autre Louvre, c’est-à-dire de favoriser des ensembles transversaux, pluridisciplinaires, accessibles à tous publics… On n’est plus dans des cloisonnements géographiques ou historiques. C’est une autre vision !  On a évoqué des thèmes déjà traités ailleurs : la figure humaine, l’animal dans l’art ou les images du divin… Mais ce ne sont que des exemples. Nous allons développer une vision nouvelle de nos collections, tous départements confondus »

 

Pourquoi Lens ?

Cinq villes de la région étaient en concurrence : Valenciennes, Calais, Boulogne, Arras, et Amiens. Il est clair que le poids politique du président du Conseil régional, Daniel Percheron, chef occulte du PS du Pas-de-Calais depuis vingt ans, a joué. Ce dernier est à l’origine un élu de Liévin, une ville proche de Lens. D’autre part, Lens était la seule ville dépourvue de Musée et cela correspondait à la volonté exprimée par le Louvre de contribuer à la «démocratisation culturelle.» L’idée est de permettre à des populations, considérées comme culturellement défavorisées, d’entrer en contact avec des chefs d’œuvre, et grâce au choc esthétique espéré de s’ouvrir à la culture et la beauté.

 

Quelles œuvres pourra-t-on voir ?

 

C’est étonnant, mais les élus ont dû se déterminer sans savoir ce que contiendra ce musée « d’art et d’essai » Il s’agira d’un mélange de « chefs d’œuvres reconnus et de découvertes » issus du musée du Louvre. Cekui-ci ne peut pas à l’infini se séparer d’œuvres importantes. Déjà en 2005 le musée avait prété 1500 œuvres à travers le monde. L’envoi  de 150 peintures importantes (Raphael, Murillo, Poussin…) au musée d’Atlanta, en échange d’un don de 13 millions d’euros suscite déjà une certaine polémique. On peut donc penser que les «découvertes.» comprendre les œuvres mineures, seront les plus nombreuses. Elles seront en partie issues des mythiques réserves du Louvre : 265 000 œuvres, soit sept fois plus que ce qui est exposé. Recèlent-elles des oeuvres intéressantes, comme le veut la légende, et dans ce cas, pourquoi le Louvre ne les exposent-il pas ? Difficile de le savoir, puisque qu’aucun critique n’a été autorisé à visiter ce « trésor ». Les déclarations d’Aline Sylla, chargée du développement culturel, dans Télérama ne sont pas rassurantes :  « Ce n’est pas la caverne d’Ali Baba,. On n’y cache pas trois Léonard de Vinci et quatre Ingres. Les réserves renferment essentiellement des œuvres mineures ou d’un intérêt purement scientifique, comme des milliers de tablettes cunéiformes à destination des archéologues. » Le paradoxe, à Lens, serait d’orienter vers des œuvres mineures un public attiré par la marque «Le Louvre», alors que les musées de la région contiennent beaucoup d’œuvres importantes.

  

Combien ça va coûter ?

 

L’investissement est évalué à 117 millions d’euros dont 20 % apportés par l’Union européenne le reste étant à la charge des collectivités territoriales ( 60 % Région, 10 % Département, 10 % commune et communauté d’agglomération). Selon la même répartition, les collectivités locales financeront le fonctionnement du musée, soit 12 millions d’Euros. Les 20 % restant seront apportés par l’auto-finacement, grâce aux 500 000 visiteurs annuels attendus.

C’est cet aspect financier qui a causé un débat au sein de la majorité du Conseil régional. Les communistes se sont inquiétés de voir le budget culture amputé de 6 millions d’euros en 2005 en prévision du financement du musée.. Ils ont obtenu 3 millions de crédits compensatoires, pour un total de 47 millions d’euros. .. En 2006, le budget culture du Conseil régional (hors Louvre Lens)a été relevé à 53 Millions. mais il  a diminué de 3 % par rapport à 2003 alors que les dépenses globales ont augmenté de 25 %

 

Il est encore difficile de mesurer les effets de ces restrictions sur les structures culturelles de la région, puisque celles-ci reçoivent en général leurs subventions 2006 à la fin de l’année. On peut déjà se poser la question de la manière dont la région assurera le fonctionnement du Louvre Lens, pour 6 millions annuels. Cette somme sera-t-elle prise sur le budget de la Culture, diminuant d’autant les subventions aux structures existantes ?

  

La région avait-elle besoin de ce musée ?

On peut se poser la question. Le musée de Lille est déjà considéré comme le premier de province. Arras, Calais, Dunkerque, Douai… les lieux ne manquent pas, où sont exposées de la peinture « classique ». Le XXème siécle est présent à Villeneuve d’ascq, au Cateau, à Dunkerque. La région manque plutôt de lieux d’exposition et de création d’art contemporain. De nombreuses association oeuvrent dans ce domaine (A voir, Artconnexion, Le Bar,  Cent lieux d’art, l’H du siége…) mais la plupart, malgré des coûts de fonctionnement minimes), sont fragiles financièrement. Il ne coûterait pas très cher à la Région de les rendre plus solides et de leur permettre de multiplier leurs actions. On peut aussi rêver d’un lieu d’exposition emblématique, qui permettent de donner une visibilité aux artistes vivant dans la région. 

 

Le Louvre devient-il une entreprise comme les autres ?

 

Le procédé qui va faire naître le Louvre Lens ressemble beaucoup à celui de la franchise. On sait de quoi il s’agit : une enseigne commerciale cède sa marque, son savoir-faire et ses produits à un commerçant indépendant qui doit, lui, financer la création de la boutique et prendre le risque commercial. Ce procédé a déjà été utilisé par le Guggenheim, suivi par l’Ermitage et le musée de Boston. En 2005, La prestigieuse revue  anglaise Burlington Magazine s’est étonné de voir le gouvernement français participer à ce «cirque mondial », d’autant que l’un des principaux mécènes du Guggenheim venait de démissionner pour protester contre cette politique « d’ingénierie culturelle » qui se développe, selon lui, au détriment des missions artistiques et scientifiques du musée.”Nos musées ne sont pas à vendre” proclamait en décembre dernier une tribune du Monde.

Cette nouvelle politique du Louvre s’explique par de nouvelles règles du jeu établies depuis 2003.  M. Aillagon, ministre de la Culture surtout connu pour sa réforme du régime des intermittents, a alors accordé l’autonomie financière à plusieurs grands musées nationaux, dont le Louvre. Auparavant  les revenus propres générés par ces institutions étaient gérés par à la DMF (Direction des musées de France) qui reversait cette manne aux différents musées nationaux en fonction de leurs besoins. Désormais le Louvre peut gérer à sa guise les revenus des entrées et du mécénat. C’est ce qui explique la multiplication des expositions temporaires, toutes financées par de grandes entreprises, les opérations financières comme les prêts d’Atlanta, ou  la suppression de la gratuité des entrées pour les enseignants. Entreprise culturelle, le Louvre est condamné à se développer : d’où l’ouverture de Lens. Ce virage libéral s’est fait dans une certaine discrétion. . Il a son théoricien, en la personne de Jean-Michel Tobelem, docteur en gestion, pour qui les musées sont «des organisations culturelles de marché» destinées à s’autofinancer. Le Louvre en est loin, les subventions de l’Etat représentent encore plus de 65 % de ses revenus. Mais la création du Louvre-Lens marque-t-elle une nouvelle étape vers le libéralisme économique et la mondialisation ?


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